Le conseil d’administration de Brussels Airport a approuvé la création d’un terminal low cost séparé et spécialisé, a annoncé Wilfried Van Assche, administrateur-délégué de Brussels Airport.
Le terminal devrait ouvrir ses portes en avril 2009 et la croissance générée par cet investissement devrait offrir 9000 emplois supplémentaires, dont 3000 directement à l’aéroport (une fois toutes les phases terminées).
Le projet comprend la réouverture d’une partie de l’ancien terminal de l’aéroport et l’ajout d’une nouvelle jetée low cost modulaire et extensible qui, dans un premier temps, pourra accueillir six avions simultanément. Ce chiffre pourra être étendu à 15 dans le futur.
La nouvelle infrastructure devrait répondre aux attentes spécifiques des compagnies low cost. Ainsi, des temps de rotation de moins de 30 minutes sont visés. Par ailleurs, seuls les vols directs, sans transferts, seront possibles, rendant inutile un système de tri automatique des bagages, système qui coûte extrêmement cher, selon Brussels Airport. Le terminal low cost n’opérera pas non plus la nuit.
La totalité de la zone de transit de l’ancien terminal sera transformée en une salle d’attente, offrant aux voyageurs des magasins, bars et restaurants.
Pas de business ou première classe
Aucun service business ou première classe ne sera proposé. Le but est d’offrir un maximum de destinations aux prix les plus bas. Actuellement, la part du low cost à Brussels Airport représente 3 pc du trafic aérien, contre 10 à 15 pc dans d’autres grands aéroports européens.
Brussels Airport veut atteindre un niveau équivalent dans les prochaines années. « En tenant compte de la demande existante du secteur, le développement de notre aéroport est assuré pour les prochaines années. Mais nous ne toucherons pas à notre offre ’full-service’ qui fait notre réputation en Belgique et dans le monde entier », a indiqué M. Van Assche.
La première phase du projet, soit la construction de la nouvelle jetée et la rénovation d’une partie de l’ancien terminal, coûtera 17 millions d’euros. La nouvelle infrastructure est conçue pour des appareils plus petits ou égaux à la catégorie C, soit des Boieng 737 ou des Airbus A320.
Ce développement s’inscrit dans la stratégie générale de l’aéroport axé sur la croissance de quatre segments majeurs en terme de trafic passagers : le trafic aérien full service en Europe, les vols de vacances (charters), les vols long-courriers et les vols low cost.
Selon l’administrateur-délégué de Brussels Airport, le segment low cost est le moteur du développement de l’aviation européenne, générant 28 pc de tous les vols intra-européens. « D’ici 2015, nous nous attendons à ce que le low cost constitue la moitié du trafic intra-européen », a déclaré M. Van Assche. Brussels Airport table sur un trafic low cost de 4 millions de voyageurs par an d’ici 5 ans.
En 2007, 17,8 millions de passagers et plus de 780.000 tonnes de fret ont transité par Brussels Airport.
L’aéroport relie la capitale belge à 227 destinations directes, opérées par 96 compagnies aériennes.
Six portes dans un premier temps. Belga
Les associations de riverains indignées
Les associations de riverains de l’est de Bruxelles
(Awacss, Wake-Up Kraainem et UBCNA-BUTV)
s’indignent de la décision du conseil d’administration
de Brussels Airport de construire un terminal low cost,
peut-on lire ce vendredi dans un communiqué.
« Cette décision est totalement injustifiable.
Brussels Airport veut de plus en plus d’avions
sans prendre de mesures pour les riverains »,
a déclaré Peggy Courtois d’Awacss.
« Brussels Airport est situé dans une zone
totalement urbanisée, aussi bien sur le territoire
de la Région de Bruxelles Capitale que sur
le territoire de la Région Flamande et est
situé à peine à 2 km d’une ville de plus d’un
million d’habitants », a-t-elle ajouté.
Selon Mme Courtois,
des milliers de personnes vont être réveillées
et la situation de Brussels Airport ne permet pas son extension.
« Depuis des années, nous nous insurgeons contre l’absence
totale d’une politique d’aménagement du territoire digne de ce nom,
où des moyens financiers sont dégagés pour exproprier
les zones les plus fortement touchées. »
Brussels Airport a tenu à faire savoir que les compagnies low cost
ne voleraient pas de nuit et qu’elles utilisaient pour
la plupart des avions neufs qui sont moins bruyants.
(D’après Belga)